Mon pénible et excitant voyage en bus de Bamako à Accra

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Ben oui parce que je n’ai pas pris l’avion et alors? Cela change quoi? L’essentiel c’est d’arriver à destination. Il faut aussi dire que j’avais envie de vivre cette aventure qui est sans doute une première, aller seule dans un pays en bus. J’ai quitté Bamako le mercredi 11 Avril 2018 pour rejoindre Accra pour une formation en Anglais et une Immersion et mon voyage était pénible pour le corps mais très instructif pour l’esprit! Je vous raconte…

Pour ceux qui me connaissent savent que les voyages et moi ont toujours fait bon ménage. Dans le cadre de ma formation de mise à niveau en Anglais et un autre programme de leadership qui commence en Juillet, j’ai effectué un voyage sur Accra mais en bus.
Je vous rappelle que la distance qui sépare Bamako d’Accra est de 1473 Km. Mon père me déposa à la gare à 06h45 et le moment des séparations promettait d’être dur vue la relation de complicité que j’ai avec celui-ci. Pour ne pas donner libre cours aux larmes il n’attendit pas les formalités, il me déposa et parti sans regarder en arrière. J’ai laissé quelques larmes que j’ai vite essuyées.
Ensuite vint le moment de l’enregistrement des bagages et que ne fut pas ma surprise lors que j’appris que l’on doit payer quelques verroterie pour faire enregistrer ses valises (à partir de 1000 F par valise) et ce après avoir payé le billet pour le transport.
Nous avons payé car tout ce qui m’importait c’était de partir pour réaliser mon rêve.
Nous avons quitté Bamako le mercredi 11 Avril 2018 à 08H avec la compagnie de Transport Bani.
Le début d’un long voyage…
Sur la route, on apprécie le paysage, la vraie beauté de la nature, la profondeur et la diversité de ce grand territoire(Mali). Après une à deux heures de route, nous arrivions au premier poste de contrôle de Bougouni qui est à 149 Km de Bamako. On nous avait demandé de sortir afin de passer au contrôle des pièces d’identité. Après être descendue du bus, nous nous sommes dit qu’on avait du temps (Diala Doukouré et moi) de chercher les toilettes et il a fallu de peu pour que le bus parte sans nous si nous n’avions pas couru à 100 à l’heure , c’est dans ces moment-là que nous découvrons nos talents d’athlètes rires.
Ensuite le voyage continuait avec enthousiasme cette fois en regardant un film Burkinabé qui passait et qui a détendu l’atmosphère sur un ancien combattant à la recherche de sa pension. Nous sommes arrivés à Sikasso à 13h40 pour une pause et nous profitâmes pour déjeuner et prier.
Après avoir quitté Sikasso, nous voilà à présent à la police frontalière de Heremakono (dernier poste du territoire malien). A ce poste, ils doivent prendre les pièces de chaque passager pour mettre des cachets sur les passeports et enregistrer ceux qui ont des cartes d’identité. A la base nous étions toujours au Mali et les maliens ne sont pas censés payer tant que l’on est sur ce territoire! Ce sont les non maliens qui doivent payer une somme de (1000F à 2000f cela varie selon leur humeur). Mais la corruption existe à tous les niveaux, elle gangrène l’administration particulièrement au sein de la police. Pour que les pauvres voyageurs puissent avoir leurs pièces et remonter à bord (aussi bien malien que non) doivent payer. On m’avait sifflé que les maliens ne doivent pas payer et lorsqu’on appela mon nom j’ai bien sûr payé les 1000F pour ne pas retarder les autres mais voulant chercher loin, j’ai réclamé pourquoi m’avoir pris cet argent et à tous les autres d’ailleurs et comme réponse on me réquisitionne mon passeport ! Juste pour avoir réclamé mon droit de citoyenne malienne ….De l’abus de pouvoir!!!
Se sentant intimidé (le policier) par les regards et la riposte des autres voyageurs ,après il me le rendit avec son faux semblant de professionnalisme. Et de toute façon j’ai mes deux armes pour dénoncer ces abus( mon Bic et mon cahier de notes)

Moi, cherchant de l’inspiration, CP: Diala Doucouré

Après cet incident, nous reprenions la route mais avec des contrôles interminables, des descentes à chaque poste pour le contrôle des pièces (le poste de Koloko, la police transfrontalière du Burkina, la Gendarmerie et trois autres postes dont je n’ai pas demandé à force d’en avoir marre de ces contrôles) et je rappelle qu’à chacune de ces postes nous devions payer 1000F ou 2000F. Une heure après nous arrivions à la poste de Bobo à 19h25.
Enfin nous avons dépassé ces tests et pris un diner et figurez-vous que j’ai pris  des brochettes (c’était la seule chose qui pouvait passer sinon c’était de la bouillie, du riz, de la salade ou de la viande rôtie. Comme si nous avions le choix de toute façon on mange si ce n’est pas de la viande Hallal Dieu nous pardonnera après, et j’espère qu’on aura pas de diarrhée) et nous continuons notre route en causant de tout et de rien et peu après nous nous endormîmes sous le coup de la fatigue et la fraicheur.
Une nuit sans fin…


Aux environs de minuit trente, l’apprenti nous réveilla et ordonna de descendre du bus. Après quelques minutes d’attente, on nous annonça que le bus avait une panne et que nous repartirons le lendemain. Nous étions à deux villages de la frontière entre le Burkina et le Ghana à Dissine. En pleine nuit au milieu de nulle part, dans l’obscurité totale avec comme seuls signes de vie des voitures de voyage qui nous dépassaient et des bruits d’hyènes. On était tous sans espoir et l’envie de dormir qui était là mais la peur du vide nous empêchait de fermer l’œil. Je rentrais dans le bus mais il faisait très chaud pourtant cette chaleur était rassurante que dehors au milieu de nulle part où j’entendais des bruits bizarres (J’ai pensé aux sorciers, aux animaux sauvages pire aux hommes… les coupeurs de route).
Une heure après, je descendis pour essayer de dormir par terre, mais c’est le vent qui m’en empêchait et je suis définitivement rentrée dans le bus pour dormir car cette fois le vent était très frais et violent.
La fatigue avait fini par m’emporter dans un sommeil non profond car l’inconfort et la peur s’y étaient mêlés. Je me réveillais finalement à 05h pour la prière et les entretiens et rejoignis la bande que nous avions formé(les êtres humains se rassemblent en fonction de leur état d’esprit) et nous commencions à camper, à discuter de tout et de rien, à jouer de la musique, à apprécier la nature dans sa splendeur et sa spontanéité… ben la vie est belle puis qu’on était là pour longtemps autant s’y habituer.

Notre bande à coté du bus, CP: Penda Diallo

Vers 13h, nous nous sommes refroidis, la chaleur et la faim faisaient leurs effets, c’est à ce moment que nous nous sommes renseignés sur l’état du bus. Et le mécanicien n’était toujours pas là à plus forte raison commencer le dépannage. Certains passagers mécontents ont pris d’autres bus qui passaient mais nous nous étions tellement biens que nous sommes restés. L’un de notre groupe partit à la recherche de la nourriture et revenait trente minutes plus tard avec une grosse assiette, nous avions accouru vers lui tels des lions affamés prêts à croquer leur proie. Il avait amené des pâtes à base farine et du pain le seul hic c’est qu’il y avait beaucoup de piments mais on a mangé quand même. Le plat fini, je me rendis compte que le bonheur était en constante évolution, qu’il dépend du contexte et de l’état dans lequel l’on se trouve, qu’il suffit de peu pour être heureux!
Cette expérience sans nul doute délétère était l’une des plus belles expériences de ma vie.

Un aperçu de la foret de Dissine, là où nous avons eu la panne

Le mécanicien est venu peu après et nous revoilà sur notre route vers 17H. Nous reprenions le trajet là où nous l’avions laissé, c’est cela le parcours du voyageur il continue toujours sa route, sa mission, sans regarder en arrière…
Une quinzaine de minutes après avoir repris, nous sommes arrivés à la brigade territoriale de Ouessa (Burkina Faso) et le sport recommençait (descendre avec les pièces et attendre qu’on nous appelle et remonter dans le car)
Nous franchissions la frontière du Ghana à 18h15 pour les différents contrôles (plus rigoureux que tous les autres).

A la frontière du Ghana, CP: Diala Doucouré

Ils contrôlèrent toutes les valises, toutes les pièces, les carnets de vaccination, la destination et l’adresse à laquelle l’on se rend pour combien de temps. C’était vraiment long, nous profitions pour échanger nos Francs CFA en Cedis Ghana, pour acheter une puce du pays. Certains ont diné mais moi non j’avais peur d’avoir la diarrhée en route (rires).
Nous quittâmes cette poste à 20h, après il y a eu un autre contrôle la dernière avant d’arriver à Kumasi le vendredi 09h du matin.
Nous déjeunions là-bas, faisons nos entretiens d’usage et causant car il y avait une 2ème panne mais moins grave que la dernière. Nous prenons alors le départ pour Accra à 12H et nous arrivions enfin à Accra et ses embouteillages à 16h30.


J’ai fait beaucoup de remarques entre Kumasi-Accra que je partagerai dans mon prochain article, également mes impressions sur la ville.
Mais le plus important c’est de savoir que nous sommes bien arrivés à Accra, cette ville tant rêvée malgré les couacs et les épreuves dont j’en sors grandie.

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8 Commentaires

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  2. Une vie sans expérience est n’existe pas… par tes écrits j’espère que Nos autorités feront de nous des Maliens car à ce que je vous seuls Nos papiers(civilités) ne suffisent pas

  3. Sadya je voulais vraiment pas arrêté de lire il me semble que j’étais dans le bus entrain d’effectuer ce voyage

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